Le Japon avec Tokyo Luxey : Naoshima et Teshima

11/12/2017


Hello ! 

Le récit de mon voyage au Japon en septembre 2017 continue avec notre journée entre Naoshima et Teshima, deux petites îles de la préfecture de Kagawa, accessibles en ferry depuis Takamatsu. Ca a vraiment été ma journée préferée. J'ai bien sûr eu le smile pendant tout le voyage, mais la beauté de ces îles et la richesse de leurs musées m'a plu à un point que je n'avais pas anticipé. Je vous raconte ? 



La traversée en ferry était très agréable. Il faisait très chaud, environ 30 degrés, donc on a passé notre temps dehors sur le pont, à regarder les japonaises les cheveux au vent, et à s'extasier devant les petites îles et les énormes montagnes, comme posées là sur la mer. Une heure après, nous débarquions sur Naoshima, alors qu'on venait juste de rejoindre l'espace tatami du ferry, où on peut s'assoir ou s'allonger, en n'oubliant pas évidemment de laisser ses chaussures à l'entrée. 


J'étais terriblement excitée de découvrir les fameuses pumpkins de Yayoi Kusama. J'attendais la jaune avec beaucoup d'impatience, mais tomber sur la rouge juste à coté du port m'a mise en joie. Surtout qu'on peut se cacher dedans. 


A deux pas, il y a cette oeuvre récente, le pavillon, de Sou Fujimoto, installée en 2016, et qui ressemble un peu à un iceberg. On peut rentrer dedans, et alors on ne peut s'empêcher d'être étonné par l'espace. Du dehors, ça n'a pas l'air bien grand, mais une fois à l'intérieur, on se sent tout petit au beau milieu de cette perspective troublante. Avec Estelle, on s'est beaucoup amusées à grimper partout et à prendre des photos sous tous les angles. A ce stade, nos hôtes ne s'en étonnaient déjà plus. Au contraire, nous voir si enthousiastes les rendait aussi heureux que nous ! 


Nous avons ensuite déambulé parmi les maisons aux façades colorées, jusqu'à une étonnante bâtisse proposant des bains publics, décorée du sol au plafond par ses propriétaires. Une vraie oeuvre d'art réalisée avec passion par des particuliers. 



Pas le temps de nous baigner, nous avons filé vers le Chichu Art Museum, designé par Tadao Ando et ouvert en 2004. Y sont exposées des oeuvres de James Turrel, Walter de Maria, et même... Claude Monet (je ne m'attendais pas à découvrir quelques peintures impressionnistes dans ce musée si moderne, je dois vous l'avouer !) 

Pas le droit de prendre des photos du musée, et puis tant mieux. L'appareil photo sagement rangé dans un sac zippé, nous avons apprécié ce moment pleinement. Et on en a pleinement pris plein la gueule, pardonnez moi l'expression. C'est probablement le plus gros coup de coeur de mon voyage. Je rappelle que je ne connais rien à l'art, encore moins à l'architecture. Mais comment ne pas être touché par le talent de ces artistes ? Ce musée n'est pas un simple établissement proposant des expositions, comme on en a l'habitude. Non. Le musée entier, de par son architecture, sa géométrie, ses lignes parfaites, vous propose un parcours des sens qui me serre encore la gorge en y repensant. C'est un écrin parfaite pour ses oeuvres très forte, qui décuple encore leur impact. Si vous passez à Naoshima, ne manquez ce musée sous aucun prétexte. 

A défaut de shooter dans le musée, j'ai photographié sa vue sublime sur la mer. En sirotant ma limonade de yuzu, j'ai longuement profité du paysage, toujours sous le coup de l'émotion. 

Pour se remettre de nos émotions, en route vers la yellow pumpkin ! Incapable de profiter de la balade, trop impatiente, j'ai couru tout du long pour la rejoindre plus vite. Et soudain...


...elle m'est enfin apparue ! Posée sur son ponton et admirant la mer, la Yellow Pumkin de Yayoi Kusama est un petit miracle pour les yeux. Ce gros fruit tout jaune à ptit pois pourrait paraître saugrenu dans un endroit pareil mais... c'est probablement ce qui le rend si chouette. 

J'avais même consciencieusement préparé ma tenue en faisant ma valise avant le voyage. Je voulais un outfit ultra graphique pour faire honneur à Yayoi ! Et pour une fois, je suis contente du résultat :) 


Lunch time ! Les émotions, ça creuse ! Nous avons repris un ferry pour nous rendre sur Teshima et passer à table au Umi no Restaurant. Au bord de la mer, notre poisson était encore meilleur. Et puis toujours cette vue, et cette douce chaleur... c'était tout simplement parfait ! Bon, j'ai encore gaffé à table en mangeant mon dessert avec mon poisson. Ce que j'ai pris pour du tofu était en fait une gelée de yuzu sucrée... et puis imaginez moi en train d'attraper cette substance visqueuse et fuyante avec mes baguettes... Je crois que nos accompagnateurs ont pris le parti d'en rire avec moi cette fois-ci, le quota de gêne ayant été épuisé depuis la veille, avec la glace et la pièce de monnaie dans l'eau. 


Nous ne résistons pas à un joli point de vue ! J'aime beaucoup prendre de la hauteur et apprécier un beau panorama. Après un trajet dans la montagne façon 4x4, et des kumo (araignées) partout (et grosses comme le poing), nous avons atteint le sommet et pu admirer toutes les petites îles dans les parages. 


Attaquons maintenant Teshima ! Requinqués par notre repas, nous étions fin prêts à nous frotter aux oeuvres de cette île, dont les 3 principales, disséminées aux 3 coins de l'île, sont censées représenter la naissance, la vie, et la mort. 

Vraies rebelles que nous sommes, nous avons commencé par la mort, avec la visite de la Yokoo House. Son immense cheminée est encore plus surprenante de l'intérieur, un jeu de miroir la rendant infinie (et terriblement anxiogène). Des panneaux colorés de rouge donnent à ce musée une atmosphère de danger partout où la lumière s'y reflète. Mais paradoxalement, on y admire un jardin mettant en scène une superbe mosaïque bariolée, au milieu duquel coule un ruisseau pleins de carpes koi multicolores. C'est si beau ! 


Quel joie de se laisser conduire dans notre petit van sur de si belles routes ! Regardez un peu le paysage qui sert de cadre à notre prochain stop, le Teshima Art Museum. 


Beaucoup d'émotions pour nous encore une fois. Le Teshima Art Museum, de Ryue Nishizawa et Rei Naito, ne ressemble à aucun autre. Il représente la vie. On fait d'abord une petite promenade le long d'un sentier de béton, au beau milieu d'un très joli parc. Et puis on atteint la goutte géante, en béton. On enlève ses chaussures et puis on pénètre dedans, et là... impossible de ne pas avoir le souffle coupé. On ressent pleins de choses. L'immensité, le vide, et puis les courbes, et puis l'eau par terre, et puis les gouttes qui coulent, qui se rejoignent, qui forment des flaques, et puis le sol lisse, et puis le liseré qui s'envole, et puis, et puis...

C'est impossible à expliquer. Et puis ça gâcherait le plaisir. 

Pas le droit de prendre des photos dans la goutte. Qu'à cela ne tienne, la boutique de souvenir avait quand même de la gueule. 
Dernier musée de notre tournée, les Archives du Coeur, de Christian Boltanski. Nous sommes donc remontés aux origines jusqu'à cette expérience de la naissance très singulière. Nous avons pu enregistrer les battements de notre propre coeur, puis les vivre dans une salle sombre, seulement éclairée à chaque battement. Le coeur d'Estelle et le mien sont si différents ! Vous vous en doutez, le mien était comme un fou, complètement au galop et désordonné, une vraie cavalcade dont on aurait perdu le contrôle. 

On a ensuite pu ensuite s'installer dans un fauteuil face à la mer et le réécouter, seules. 


Cette journée très forte s'est terminée pour moi de la meilleure des manières. Déjà, le Bay Resort Hotel de Shodoshima est fantastique. Cette chambre ! Cette vue ! Un vrai plaisir que de dormir dans cet espace traditionnel, très spacieux, en admirant la mer et la montagne. 

Au coucher du soleil, j'ai pris mon courage à deux mains et me suis rendue seule au Onsen. J'en rêvais, mais au moment d'enfin faire l'expérience de ce bain traditionnel, j'étais quand même un peu inquiète de gaffer de nouveau et de froisser les autres femmes, bien plus habituées que moi aux coutumes du lieu. J'ai essayé d'observer aux alentours, bien résolue à copier chaque geste pour ne pas me tromper. 

C'est toute une affaire. On y vient en Yukata et en chaussons, avec une petite et une grande serviette. Une fois arrivée, on peut se dévêtir et ne garder que la petite serviette. On peut éventuellement se cacher un peu derrière, mais elle est bien trop petite pour s'enrouler dedans. Donc, nue, on entre dans l'espace bain collectif, mais attention, interdiction de se baigner sans passer par la case douche. 

On s'assoit donc sur un petit tabouret de bois, en face d'un miroir, avec des shampoings et gel douches à disposition. On se lave consciencieusement le corps et les cheveux. C'est seulement une fois rincée qu'on peut entrer dans le grand bain, très chaud. Dans mon cas, il y avait aussi un bain à l'extérieur, surplombant la mer et la montagne. Profiter du soleil couchant dans un paysage de carte postale, nue dans un bain bouillant au milieu de femmes japonaises qui se racontent leur journée, c'est quelque chose. Et c'est encore autre chose quand on n'est pas bien certaine d'où poser sa serviette (pssst, passez la sous l'eau froide de votre douche, puis posez là sur votre crâne : ça vous rafraichira, le chaud ne vous montera pas à la tête), et qu'on essaie de cacher son tatouage (interdit !). 

Inutile de vous dire que j'ai adoré l'expérience, et j'y suis même retournée à la première heure le lendemain matin, histoire de profiter au maximum. Le soir de mon premier onsen, juste à la sortie, un vieux monsieur m'a prié de me servir dans une glacière contenant des glaces à l'eau à la fraise. Je ne sais pas si c'est une coutume, ni même si ces glaces étaient réellement offertes par l'hôtel. D'ailleurs, ce monsieur était-il un guest ou faisait-il parti du personnel ? Le mystère reste entier, la communication étant un peu difficile. Ce qui était clair en revanche, c'était sa gentillesse et sa bienveillance, la même que celle de tous les japonais que j'ai rencontré pendant mon voyage. 

Il ne me reste plus qu'une journée japonaise à vous raconter, je reviens donc très vite pour de nouvelles aventures ! 

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8 COMMENTAIRES

  1. Mon dieu ces paysages, quel beauté ce Japon !!
    Gros bisous
    http://lilouuuu.com

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  2. Mon Dieu, tu nous as complètement gâtée avec cet article ! je ne pensais pas qu'il pouvait y avoir autant de musées et de "trouvailles" sur des petites îles du Japon. Tu as photographié de très jolis points de vue !

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    1. Oh merci c'est gentil, je suis contente si j'ai pu te donner envie de découvrir tout ça, vraiment, ça le mérite !

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  3. très beau et on ressent comme une espèce de sérénité avec tous ces paysages

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    1. Oh oui c'est exactement ça. Là bas, je suis trop sereine !

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  4. Content que la région te plaise.

    Je me permets quelques petites corrections : le bain public sur Naoshima n'a pas cette apparence grâce à des particuliers, mais parce que c'est une oeuvre de Shinro Ohtake. ;-)

    Intéressant cette histoire de naissance, de vie et de mort, mais je n'en ai jamais entendu parler. Cela m'étonne aussi un peu, les trois artistes ayant travaillé de manière totalement indépendante et non-concertée.
    Mais il est vrai qu'il y a une certaine obsession de la mort dans les oeuvres de Tadanori Yokoo, et que la vie est une des composantes de Matrix de Rei Naito (l'oeuvre contenue dans le Teshima Art Museum). Mais là où ça ne colle plus, c'est avec Boltanski et ses Archives du Cœur. Elles n'ont pas grand chose à voir avec la naissance, et sont aussi plutôt une des manifestations de l'obsession que Boltanski a pour la mort, ainsi que la trace que l'on laisse (ou pas) après celle-ci.

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    1. Hello David !

      Merci beaucoup pour ces précisions super intéressantes ! C'est génial d'en apprendre plus grâce à toi :) Effectivement, j'ai pu faire quelques erreurs. Pour la naissance-vie-mort, c'est ce que notre guide nous a dit. Alors, je ne sais plus trop qui croire ahah, mais ce que tu dis se tient c'est sûr ! Et puis tu sembles connaitre l'art beaucoup mieux que moi. D'ailleurs ça me rend curieuse, d'où viennent tes connaissances en la matière ? Bonne soirée !

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